Mélange ou pure origine ?

En expresso, il y a les adeptes du mélange (blend en anglais) de cafés de différentes origines, et ceux qui ne jurent que par l’extraction d’un café issu d’une unique plantation. Alors pourquoi ces deux écoles ? Quels sont les avantages et les inconvénients de chacune ? Je vais tenter de faire le point sur ces deux visions opposées de l’espresso.

Les mélanges

Les mélanges existaient avant l’apparition du procédé d’extraction par haute pression. Le plus ancien assemblage est l’association d’un Moka et d’un Java. Le mélange préféré de Napoléon était un Santos du Brésil - Moka, et celui de Balzac ; grand passionné de café ; le Moka - Bourbon (île) - Martinique. L'écrivain qui composait lui-même son assemblage, allait chercher son moka (probablement un Harrar) rue de l'Université, dans le 7ème arrondissement de Paris.


Honoré de Balzac, auteur de l'essai "Traité des excitants modernes" édité en 1839.

Le but était déjà d’harmoniser le goût du breuvage, de le rendre plus complexe. Un peu à la manière de l’œnologue qui assemble différents cépages diront les adeptes des mélanges. La grande majorité des assemblages de bases répondent au principe d’association entre des cafés plutôt doux et corsés (jusqu’à une dizaine de cafés). Les recettes restent le secret des torréfacteurs et des grandes marques. Ainsi, Illy a fait de son mélange une marque de fabrique. L’assemblage de 9 variétés d’arabicas provenant de 13 pays différents permet d’obtenir la spécificité Illy (doux, peu amer, acidulé, saveur noisette), mais surtout de pouvoir offrir un goût constant toute l’année. Et c’est là que se situe la force d’un mélange sur une pure origine. Selon la récolte, une plantation n’offrira pas toujours les mêmes caractéristiques gustatives. Certains parleront d’inconstance. En mélangeant des grains de différentes origines, le torréfacteur (artisanal ou industriel) peut jouer sur leur proportion afin de lisser les variations de qualités de chacune des récoltes. Le revers de la médaille pour le consommateur est qu’un mélange peut également permettre d’écouler un mauvais café ou une ancienne récolte…
A noter qu’en France, les mélanges ont aussi permis d’écouler le robusta des colonies africaines durant près d’un siècle.

L’analogie vin et café ?

Il existe de nombreux points communs entre le café et le vin. D’ailleurs, les caféologues s’inspirent fortement du travail effectué par les œnologues. Et en France, la meilleure définition du barista n’est-elle pas « le sommelier du café » ?
Et pourtant, en ce qui concerne le mélange, ses détracteurs disent que c’est une hérésie d’en faire la comparaison avec les assemblages du monde viticole. En effet, pour un vin, on assemble différents cépages. Ainsi, un Bordeaux peut être le fruit d’un mélange de cabernet-franc, de merlot et de cabernet-sauvignon. Mais c’est également identique avec certaines pures origines de café. De fait, un Ebano Verde de République Dominicaine est composé de trois variétés botaniques : Caturra, Typica et Catuai. Mais l’analogie s’arrête là. Par exemple, un mélange typique italien peut-être issu du mariage de grains brésiliens, d’Amérique centrale et de robusta indien. Si l’on pratiquait la même chose avec le vin, cela reviendrait à assembler un Saint-Emilion avec un Beaujolais et un Chianti !

Les pures origines

Après des décennies d’un règne sans partage des mélanges, on remarque une forte percée des pures origines. Cette nouvelle vague nous vient de la côte ouest américaine. Comme dans le vin, le terroir (nature du sol, climat, exposition, espèce botanique), la récolte et la transformation jouent un rôle essentiel. Un café de terroir offre un caractère unique, typé et marqué qui peut surprendre les non-initiés. En effet, durant des décennies, nos palais se sont accommodés de mélanges de médiocre qualité. Bref, lorsque l’on prenait un café, c’était le plus souvent pour se réveiller ou se réchauffer. Mais le café, ce n’est pas ça ! C’est surtout une palette de plus de 800 arômes (le vin en dénombre 500), un formidable vecteur d’émotions. Et les pures origines restent le meilleur moyen pour initier son palais. Lorsque l’on déguste un café de terroir, la sensualité du breuvage est directement liée aux caractéristiques de cultures de cette unique plantation. C’est toute la chaîne de production qui se révèle en bouche.

Conclusion

Le plus important est d’apprécier ce que l’on boit. Seul son propre palais peut prétendre le bon. Il existe d’excellents mélanges (Mokador Castellari, MariaSole Classic…) équilibrés, complexes en goût, qui n’ont rien à envier aux pures origines. Seule l’approche est différente.
Afin de conclure, je recommanderai aux amoureux du café de commencer par déguster, en parallèle de ses mélanges de prédilections, des cafés de terroirs équilibrés et doux comme les Ethiopiens. On pourra ensuite, au fil des semaines, s’essayer à des cafés plus typés à l’instar d’un très aromatique Papouasie Nouvelle Guinée. Et après des mois, voir des années de dégustation de pures origines, l’expertise acquise permettra d’atteindre l’ultime étape qui consiste à composer soit même ses propres mélanges.


L'Éthiopie possède des grands crus parmi les plus fins du monde, à l'image de ce Sidamo.



Dégustation du Mariasole Classic




Un torréfacteur maintes fois récompensé

Le torréfacteur MariaSole s'est forgé une solide réputation ces dernières années. Ses cafés ont été récompensés par le prix du meilleur café espresso européen, l'iTQi Award et 3 étoiles d'or dans le guide de la gastronomie à Londres. Si le siège de la société est basé à Düsseldorf, en Allemagne, la torréfaction elle, est effectuée en Sicile, entre montagnes et mer.


Une torréfaction pas comme les autres

Il y a plusieurs points qui caractérisent la torréfaction Triroast® d'une torréfaction artisanale classique. Pour commencer, les grains sont torréfiés sur feu ouvert de bois d'olivier. Nous verrons plus tard que ce point a son importance. Ensuite, la cuisson des grains va progressivement passer par trois étapes :

  • Première étape : les grains de café vert sont torréfiés pendant environ cinq minutes afin d'en ôter l'humidité résiduelle et de leur conférer un teint de miel doré. Les grains dégagent maintenant un délicat parfum de menthe fraîche et de dattes sèches.

  • Deuxième étape : à l'issue d'une phase de repos de trois minutes sous une douche de brouillard d'air froid à 12 °C, débute la deuxième étape du processus de torréfaction. A 205 °C environ, les grains obtiennent leur couleur noisette et répandent la fragrance typique du café fraîchement torréfié.

  • Troisième étape : après un nouveau refroidissement débute l’ultime phase, la plus importante. Ici, tout dépend du maître torréfacteur. C'est lui qui décide quand les grains sont à point pour obtenir la couleur classique de chocolat. Maintenant, Millesoli possède un arôme très développé et un profil gustatif caractérisé. Le concept Triroast® procure au café ses propriétés particulières.

En plus de ce procédé particulier de torréfaction, le cahier des charges imposé par MariaSole est très stricte. Les cerises du caféiers sont récoltées par la méthode du picking (seuls les fruits mûrs sont cueillis manuellement) et traitées par voie sèche. Les grains sont torréfiés artisanalement par petites quantités (60kg), durant près de 30 minutes à la température maxi de 205°. Cela confère, selon MariaSole, une faible teneur en caféine, moins de tanin et de substances amères, ce qui le rend plus digeste.


Le conditionnement 250g du MariaSole Classic est original puisque présenté dans un tube.


Des grains torréfiés à l'italienne

C'est à dire poussé. S'ils ont un aspect assez huileux, ils présentent peu de défauts. Le MariaSole Classic est un blend contenant 85% d'arabica et 15% de robusta. Le mélange est composé de cafés d'exceptions du Brésil, de Sumatra, du Guatemala, de Bolivie, mais aussi de grains poussant à l’état sauvage dans les forêts d’Éthiopie.


Les grains de cafés du MileSoli Classic ont subit une torréfaction poussée.


L'extraction

La méthode de préparation retenue est l'expresso. Un moulin mini mazzer, ainsi qu'une machine La Marzocco GS/3 vont m'aider à trouver les paramètres d'extraction optimaux.




Conditions de l'essai :
Température ambiante : 26°C
Taux d'humidité : 50%
Eau : cartouche filtrante
Café employé : MariaSole Classic 85% arabica, 15% robusta
Broyeur : mini mazzer
Tamper : aluminium base plate 57 mm


Paramètres optimaux pour le panier double (filtre 2 tasses) :
Grammage : 14g
Temps d'extraction : 21 à 23 sec
Volume d'une tasse : 20 à 25 ml
Température d'extraction : 92°C


La dose de référence souvent citée de 14 grammes convient bien au MariaSole Classic. En effet, malgré son taux de robusta de 15%, il n'est pas utile de surdoser ce café. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec un grammage compris entre 14 et 15g pour 2 X 20 à 25 ml de café extrait en 20 à 23 secondes. Au delà de 16g, le nez et le goût de l'espresso deviennent moins parfumés et plus agressifs. De plus, la flaveur du bois d'olivier a tendance à masquer les arômes.
Il faut éviter d'augmenter le temps d'extraction, non pas pour éviter l'apparition d'une quelconque amertume, mais parce-que l'écoulement devient liquide et l'espresso perd en consistance. Ce café ne supporte pas une température d'extraction trop élevée : 92°C semble être la température optimale. Il est intéressant de noter que la torréfaction Triroast® donne aux grains un comportement différent.


Un grammage classique pour le MariaSole Classic !





La dégustation

Le nez de l'espresso est très parfumé. On sent moins l'odeur de bois d'olivier que le Millesoli. La raison tient aussi du fait que la dose de café est moindre (14g contre 18g). L'attaque est douce, en tout cas plus que le nez ne le laisserait penser. Le goût est suave. Entendez par là très équilibré, mais pas sans saveur : le Classic fait preuve d'une richesse aromatique assez rare. Le final englobe le palais. La longueur en bouche est exceptionnelle. Ce café est plus facile d'accès que le Millesoli et plaira à un plus grand nombre de personnes. Un mélange de référence pour ce café qui a été élu meilleur café espresso européen à Anuga en 2007.






Dégustation du MariaSole Millesoli




Un torréfacteur maintes fois récompensé

Le torréfacteur MariaSole s'est forgé une solide réputation ces dernières années. Ses cafés ont été récompensés par le prix du meilleur café espresso européen, l'iTQi Award et 3 étoiles d'or dans le guide de la gastronomie à Londres. Si le siège de la société est basé à Düsseldorf, en Allemagne, la torréfaction elle, est effectuée en Sicile, entre montagnes et mer.


Une torréfaction pas comme les autres

Il y a plusieurs points qui caractérisent la torréfaction Triroast® d'une torréfaction artisanale classique. Pour commencer, les grains sont torréfiés sur feu ouvert de bois d'olivier. Nous verrons plus tard que ce point a son importance. Ensuite, la cuisson des grains va progressivement passer par trois étapes :

  • Première étape : les grains de café vert sont torréfiés pendant environ cinq minutes afin d'en ôter l'humidité résiduelle et de leur conférer un teint de miel doré. Les grains dégagent maintenant un délicat parfum de menthe fraîche et de dattes sèches.

  • Deuxième étape : à l'issue d'une phase de repos de trois minutes sous une douche de brouillard d'air froid à 12 °C, débute la deuxième étape du processus de torréfaction. A 205 °C environ, les grains obtiennent leur couleur noisette et répandent la fragrance typique du café fraîchement torréfié.

  • Troisième étape : après un nouveau refroidissement débute l’ultime phase, la plus importante. Ici, tout dépend du maître torréfacteur. C'est lui qui décide quand les grains sont à point pour obtenir la couleur classique de chocolat. Maintenant, Millesoli possède un arôme très développé et un profil gustatif caractérisé. Le concept Triroast® procure au café ses propriétés particulières.

En plus de ce procédé particulier de torréfaction, le cahier des charges imposé par MariaSole est très stricte. Les cerises du caféiers sont récoltées par la méthode du picking (seuls les fruits mûrs sont cueillis manuellement) et traitées par voie sèche. Les grains sont torréfiés artisanalement par petites quantités (60kg), durant près de 30 minutes à la température maxi de 205°. Cela confère, selon MariaSole, une faible teneur en caféine, moins de tanin et de substances amères, ce qui le rend plus digeste.


De biens beaux grains

Les grains de café du Millesoli qui présentent peu de défauts, ont une torréfaction homogène et assez peu poussée, "robe de moine". On se rapproche des meilleurs standards, Illy en tête. Le mélange est composé de cafés d'exceptions d'Amérique du Sud et d'Afrique. Le Millesoli est le blend de la gamme MariaSole contenant le plus fort taux de robusta (30%).


Les grains de cafés composant le mélange du Millesoli présentent un fort bel aspect.


L'extraction

La méthode de préparation retenue est l'expresso. Un moulin mini mazzer, ainsi qu'une machine La Marzocco GS/3 vont m'aider à trouver les paramètres d'extraction optimaux.




Conditions de l'essai :
Température ambiante : 23°C
Taux d'humidité : 50%
Eau : cartouche filtrante
Café employé : MariaSole Millesoli 70% arabica, 30% robusta
Broyeur : mini mazzer
Tamper : aluminium base plate 57 mm


Paramètres optimaux pour le panier double (filtre 2 tasses) :
Grammage : 18g
Temps d'extraction : 21 à 23 sec
Volume d'une tasse : 20 à 25 ml
Température d'extraction : 93°C


Témoin de la bonne fraîcheur du café, la dispersion de la mouture autour du porte-filtre (photo ci-dessus). Il faut travailler le Millesoli comme beaucoup de cafés comportant un taux élevé de robusta. C'est à dire avec une dose assez importante, en l'occurrence 18 grammes pour deux espressi. Rappelons que la dose de référence souvent citée est de 14 grammes. Le fait de mettre une plus grande quantité de café oblige à moudre plus grossièrement la mouture afin de conserver le même débit d'extraction. Cela permet de contenir l'amertume du robusta. Les meilleures résultats gustatifs ont été obtenus avec 20 à 25 ml de café extrait en 21 à 23 secondes, avec une fourchette de température comprise entre 92 et 95°C.


Il ne faut pas hésiter à surdoser le MariaSole Millesoli afin d'obtenir un goût équilibré.




Il est intéressant de constater que la torréfaction particulière permet d'allonger la durée d'extraction jusqu'à 30 secondes, sans que l'amertume du robusta prenne le dessus. On peut alors mettre jusqu'à 20 grammes de cafés afin de conserver de l'épaisseur au breuvage. Néanmoins, on perd en saveur ce que l'on gagne en douceur.




La dégustation

Première constatation, la crème est épaisse (merci le robusta). Le nez et la saveur de l'espresso sont parfumés par le bois d'olivier de torréfaction. L'odeur est encore plus flagrante lors de l'éjection de la galette de café. Le goût est équilibré et très riche en arômes. Arômes très particuliers que l'on ne retrouve pas dans les autres mélanges. On comprend que le Millesoli ait reçu le prix ITQI 1 étoile ainsi que 3 étoiles au Great Taste Gold 2008. A essayer absolument.